Justice réparatrice : des avocats africains réunis à Abidjan pour faire entendre la voix du continent

La capitale économique ivoirienne accueille depuis ce mercredi la 15e Conférence annuelle et Assemblée générale triennale de l’Union panafricaine des avocats (PALU), un événement de portée continentale placé sous le signe de la justice réparatrice.

Au Sofitel Hôtel Ivoire, des dizaines d’avocats venus des quatre coins de l’Afrique, ainsi que de la diaspora, se sont donné rendez-vous pour trois jours de réflexions et d’échanges autour des réparations liées aux injustices historiques subies par le continent africain. À l’ouverture, Me Kari Abdoul Bagui, président de PALU, a planté le décor : « Il est urgent d’examiner les dommages historiques qui pèsent sur le continent et le rôle des avocats dans la quête de justice. »

Les travaux porteront notamment sur les mécanismes juridiques et politiques pouvant permettre une reconnaissance des préjudices, ainsi que sur les formes possibles de réparation – qu’elles soient collectives, culturelles ou institutionnelles. L’objectif est de renforcer les capacités des avocats à répondre aux attentes des populations tout en construisant un socle commun pour une justice africaine plus équitable.

Binta Bakayoko, représentant la bâtonnière de Côte d’Ivoire, a mis en lumière la nécessité de renforcer les liens entre les espaces juridiques anglophones et francophones, tout en soulignant le rôle crucial que les avocats peuvent jouer dans la guérison des blessures du passé. « Il faut créer des ponts, favoriser un dialogue sincère pour panser nos traumatismes communs », a-t-elle plaidé.

Cette conférence apparaît comme une tribune panafricaine essentielle dans un contexte où les revendications mémorielles et les appels à réparation se font de plus en plus pressants sur la scène internationale. Les conclusions attendues pourraient poser les bases d’une feuille de route continentale en matière de justice réparatrice.

Mael Espoir

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