Cacao : bras de fer entre producteurs et multinationales autour de la réforme de la filière

En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, un affrontement stratégique oppose producteurs et multinationales. Le ministère de l’Agriculture travaille à la création d’une Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) pour structurer la filière et renforcer la place des planteurs dans la gouvernance.

L’OIA devrait regrouper trois collèges : producteurs, transformateurs, et un troisième rassemblant exportateurs nationaux, multinationales et acheteurs. Objectif : identifier des représentants légitimes, donner plus de poids aux planteurs — plus d’un million dans le pays — et protéger les intérêts des huit millions de personnes qui vivent directement ou indirectement de cette activité.

Mais dans les coulisses, certaines grandes entreprises, notamment au sein du Groupement des Exportateurs de Cacao (GEPEX), tenteraient de modifier la composition des collèges pour séparer exportateurs nationaux et multinationales. Une manœuvre qui créerait cinq collèges au lieu de trois, affaiblissant ainsi l’influence des producteurs.

Pour Kouamé Koffi Anatole, planteur à Bouaflé, « ils veulent nous écarter des décisions importantes ». Adama Konaté, de Divo, appelle le gouvernement à « rester ferme et respecter la configuration initiale ».

L’enjeu est clair : préserver la souveraineté de la filière face à des acteurs internationaux soucieux de conserver profits et influence. L’issue de ce bras de fer pourrait redéfinir l’avenir économique et social de tout un secteur vital pour le pays.

Christelle Ligué

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