Côte d’Ivoire – Ghana : vers la création d’un parc agro-industriel transfrontalier

La Côte d’Ivoire et le Ghana ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération économique avec le projet de création d’un parc agro-industriel commun. Le 15 août 2025, des acteurs des deux pays se sont réunis à Abidjan pour examiner un rapport d’évaluation sur les chaînes de valeur transfrontalières du cacao et du riz. Cette initiative, conduite par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) en partenariat avec la Commission de l’Union africaine (CUA) et la CEDEAO, s’inscrit dans le cadre du programme des Agro-Parcs africains communs (PAAC), un pilier de l’Agenda 2063.

Valoriser le cacao et le riz au-delà des frontières

L’agro-parc transfrontalier ambitionne de devenir un moteur de diversification, de création de valeur ajoutée et de résilience climatique. L’identification et l’intégration de produits stratégiques comme le cacao et le riz permettront de renforcer la sécurité alimentaire et d’améliorer la compétitivité des filières. L’étude de préfaisabilité en cours, appuyée par le Fonds vert pour le climat, vise à poser les bases d’un projet d’investissement durable et respectueux de l’environnement.

Selon Janet Edeme, représentante de la CUA, le projet illustre la volonté de bâtir des écosystèmes agro-industriels transfrontaliers capables de transformer les économies agricoles africaines. Elle a exhorté les gouvernements, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers à s’engager pleinement pour garantir le succès du parc. Pour elle, cette coopération ivoiro-ghanéenne peut devenir un modèle de transformation agricole inclusive et respectueuse du climat.

La ZLECA comme levier d’intégration

De son côté, Joan Kagwanja de la CEA a rappelé que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), qui couvre depuis 2021 un marché de 1,2 milliard de personnes, représente une opportunité historique. Elle a souligné que le développement de chaînes de valeur agricoles régionales constitue une condition essentielle pour atteindre la sécurité alimentaire et stimuler la croissance économique à l’échelle du continent.

Les discussions d’Abidjan ont permis d’identifier les défis politiques, réglementaires et institutionnels liés aux chaînes de valeur du cacao et du riz. Les conclusions alimenteront le rapport final, qui proposera des recommandations concrètes aux décideurs. La CEDEAO a déjà affiché son soutien, à travers son représentant Abdoulaye Zonon, tandis que le gouvernement ivoirien, par la voix d’Esse Rodrigue, a réaffirmé son alignement avec le Plan national de développement 2020-2025, qui met l’accent sur les pôles agro-industriels.

Si le projet aboutit, le parc agro-industriel Côte d’Ivoire-Ghana pourrait devenir une référence en Afrique de l’Ouest. Il servirait de modèle pour d’autres pays de la région, avec l’ambition de renforcer la souveraineté alimentaire, réduire les pertes post-récoltes et dynamiser le commerce intra-africain.

Mael Espoir

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