Le secteur aurifère ivoirien est en plein essor. La production d’or du pays est passée de 18 à 58 tonnes entre 2014 et 2024, attirant des investisseurs du monde entier, en particulier des sociétés australiennes, séduites par la stabilité et la sécurité offertes par la Côte d’Ivoire, alors que le climat des affaires se dégrade dans d’autres pays miniers ouest-africains.
Cette attractivité a été confirmée lors de l’édition 2025 de Africa Down Under, conférence annuelle qui réunit à Perth (Australie) les compagnies minières australiennes et les dirigeants des pays miniers africains. Pendant trois jours, le climat des affaires en Afrique de l’Ouest a dominé les débats, avec la Côte d’Ivoire présentée comme une destination de premier plan pour l’investissement aurifère.
Selon Mining Weekly, les juniors australiennes Turaco Gold et African Gold ont salué la stabilité politique et l’environnement favorable créés par le gouvernement ivoirien. « Il n’y a pas de meilleur endroit au monde pour construire une mine d’or », a affirmé Justin Tremain, directeur général de Turaco, rappelant que le nombre de permis d’exploration est passé de 20 à plus de 200 en dix ans.
De son côté, Adam Oehlman, patron d’African Gold, a souligné la rapidité des découvertes dans le pays. Sa société a déclaré près d’un million d’onces en dix mois sur le projet Didievi. Tous deux ont mis en avant la rapidité des procédures et la reconnaissance du rôle du secteur minier dans la croissance économique. Selon le FMI, la Côte d’Ivoire poursuivra une croissance soutenue, estimée à 6,0 % en 2024, portée notamment par l’exploitation minière (+13,9 %).
Ces facteurs ont permis à la Côte d’Ivoire de se hisser en 2023 à la première place ouest-africaine des juridictions minières évaluées par le Fraser Institute, think tank canadien qui classe les pays selon le potentiel minéral et la qualité des politiques minières.
Des opportunités à saisir… avec prudence
Malgré cet engouement, les investisseurs doivent composer avec certains défis. Pour profiter de la hausse du cours de l’or, le gouvernement a relevé de 2 points le taux de la redevance minière (taxe Ad Valorem) sur les ventes d’or dans la Loi de finances 2025.
Par ailleurs, les autorités ont initié en 2024 une révision du code minier, afin de renforcer l’attractivité du pays tout en garantissant « l’équité dans la répartition de la richesse minière », selon le ministre des Mines Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Cette démarche rappelle les réformes récentes au Mali et au Burkina Faso, qui ont conduit à une augmentation de la participation publique dans les mines.
Pour l’heure, les détails de cette révision restent limités, laissant les acteurs du secteur dans l’attente. La stabilité politique et économique de la Côte d’Ivoire, avec l’élection présidentielle prévue en octobre 2025, constituera un test supplémentaire pour le maintien de ce climat favorable aux investissements.
Mael Espoir