La transition énergétique en Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape. La conférence business « La Côte d’Ivoire en Vert », qui s’est tenue ce samedi 15 novembre 2025 à Cocody, a dévoilé les grandes lignes d’un projet ambitieux : déployer des infrastructures et des solutions de mobilité électrique à l’échelle nationale. Placé sous le thème « L’Heure Électrique : Devenir un acteur de la transition énergétique et économique », l’événement a réuni experts, chefs d’entreprise et représentants institutionnels autour des défis et opportunités liés au passage à l’énergie propre.
Porté par Alliance Véhicules Verts, le projet prévoit l’installation de bornes de recharge tous les 150 kilomètres sur le territoire ivoirien. Ce dispositif vise à lever un frein majeur à l’adoption des véhicules électriques : l’autonomie.
« Ce projet consiste à installer des bornes électriques à travers le territoire ivoirien pour permettre à tout conducteur d’un véhicule électrique, notamment depuis Abidjan, de rejoindre son village sans problème », explique Eddy Provence Macker, administrateur principal d’Alliance Véhicules Verts.

Ce réseau s’inscrit dans une stratégie globale qui englobe également l’introduction de véhicules électriques pour les transports urbains à Abidjan.
Les véhicules électriques proposés par Alliance Véhicules Verts présentent plusieurs avantages compétitifs : Aucun carburant à acheter, Pas de vidange ni d’entretien mécanique lourd, Moteur électrique ultra-durable (jusqu’à 25 ans), Très faible nuisance sonore, Zéro émission de gaz d’échappement.
Les prix des véhicules oscillent entre 7 600 000 FCFA et 70 000 000 FCFA, un tarif comparable à celui des véhicules neufs thermiques vendus sur le marché ivoirien.
« Une voiture électrique, c’est avant tout une économie. Si vous en conduisez une pendant une semaine, vous n’aurez plus jamais envie de revenir à un véhicule thermique », promet Eddy Macker.
Au-delà des infrastructures, le financement demeure un enjeu crucial pour l’adoption massive de la mobilité électrique. Pour Ephraim Ossohou, spécialiste en financement durable, l’écosystème doit encore se structurer.
« Le financement vert reste une thématique complexe, car il implique à la fois l’acceptation du modèle, la mise en place des infrastructures et une réglementation adaptée. Mais notre nation est déjà engagée dans cette logique d’économie verte. »
La Côte d’Ivoire, dont le mix énergétique est déjà largement renouvelable, dispose d’atouts pour devenir un leader régional en matière de mobilité durable. L’État ivoirien, acteur clé de cette transformation, y trouve également son intérêt.
« Si une famille peut réduire sa dépense de carburant mensuelle de 300 000 FCFA à 60 000 FCFA grâce à l’électrique, c’est tout le pays qui y gagne, en matière de pouvoir d’achat et de souveraineté énergétique », conclut Eddy Macker.
Avec le lancement du projet « La Côte d’Ivoire en Vert », le pays pose ainsi les bases d’une transition énergétique ambitieuse, inclusive et économiquement viable. Un signal fort envoyé à l’Afrique de l’Ouest, où le potentiel de développement de la mobilité électrique reste immense.
Maël Espoir