Contrôle environnemental dans les huileries d’Aboisso : le ministère de l’Environnement passe à l’action

Le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Écologique poursuit ses efforts de veille sur les activités industrielles à fort impact écologique. Du 24 au 25 juin 2025, une mission conduite par M. Dadié Anoma, Conseiller Technique du ministre, s’est rendue à Aboisso, dans la région du Sud-Comoé, pour évaluer la conformité environnementale de plusieurs unités de transformation d’huile de palme.

Cette descente de terrain visait à s’assurer du respect des normes en matière de gestion des déchets, de traitement des rejets liquides, de limitation des émissions atmosphériques et de préservation des milieux naturels. Au total, six entreprises ont été inspectées : MANUTI PALM SAMO, MEDINA PALM OIL, PALMCI TOUMANGUIE, ATOE SA, SOPALMCI/CIPI et DEKEL OIL. Ces sites ont été scrutés aussi bien sur le plan technique que réglementaire, avec des échanges ouverts entre les équipes du ministère, les responsables d’usine, les techniciens et des représentants des communautés riveraines.

Selon les premières observations, certaines structures ont initié des efforts louables, à travers la mise en place de systèmes de valorisation des sous-produits ou de traitement partiel des eaux usées, ainsi que la construction de bassins de rétention. Cependant, plusieurs insuffisances ont été relevées : défaillances dans les stations de traitement, absence de plans de suivi environnemental, mauvaise gestion des boues industrielles, ou encore fragilité des digues de confinement.

Dans un ton ferme mais constructif, le Conseiller Technique a rappelé l’obligation pour toutes les entreprises de se conformer au Code de l’environnement. Il a insisté sur le fait que la santé des populations locales ne saurait être sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. « La santé des populations passe par le respect des normes environnementales. On ne peut pas mettre en balance leur santé et vos intérêts économiques. Il faut consolider vos digues, vos ouvrages et vos bassins », a-t-il déclaré.

Il a exhorté les industriels à coopérer étroitement avec les structures compétentes, notamment le CIAPOL et l’ANDE, pour améliorer leurs dispositifs de gestion environnementale. Aux autorités locales et aux services déconcentrés du ministère, il a été demandé d’intensifier les campagnes de sensibilisation et les contrôles dans la région afin d’encourager une industrialisation respectueuse de l’environnement.

Cette mission intervient trois mois après une première visite du CIAPOL en mars, qui avait abouti à des recommandations fermes, assorties pour certaines entreprises d’amendes de 20 millions de francs CFA, avec un mois de délai pour s’acquitter des sanctions et corriger les défaillances identifiées. « Si dans un mois les amendes ne sont pas payées et si les ouvrages ne sont pas réalisés dans le délai imparti, nous allons en tirer les conséquences », a averti M. Dadié.

L’initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de surveillance environnementale du ministère, qui vise à prévenir les pollutions industrielles, protéger les écosystèmes et bâtir une économie verte capable de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre l’avenir.

Mael Espoir

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