À l’occasion de la 30ᵉ Conférence des Parties (COP30) qui se tient du 10 au 21 novembre 2025 à Belém au Brésil, la Côte d’Ivoire a présenté son premier Rapport Biennal de Transparence (BTR1) dans le cadre du Processus Multilatéral de l’Examen par les Pairs (FMCP). Cet exercice inédit pour le pays a permis de dévoiler les progrès réalisés en matière de lutte contre le changement climatique et de renforcer sa crédibilité auprès de la communauté internationale.
Conduit par Monsieur Kumassi Philippe, Coordonnateur National du BTR1, ce rapport constitue une étape majeure dans la mise en œuvre du Cadre de transparence renforcé de l’Accord de Paris. Il permet d’évaluer, de façon non contraignante, la cohérence entre les engagements climatiques et les actions menées au niveau national.
Selon Kumassi Philippe, le BTR1, soumis le 20 décembre 2024, rend compte des actions visant à atteindre les objectifs fixés dans les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) de 2022. Le document met en lumière une réduction déjà réalisée de 22,70 % des émissions, soit un niveau significatif par rapport à l’objectif de 30,41 % fixé pour 2030.
La présentation a également montré que la transition énergétique est bien engagée. Avec une part actuelle de 39 % d’énergies renouvelables dans le mix national, la Côte d’Ivoire se positionne comme un acteur engagé en faveur d’un développement bas carbone. Ce résultat est porté par la mise en service de la centrale solaire de Boundiali et par l’ambitieux programme de construction de 14 autres centrales solaires réparties dans plusieurs régions du pays (Soubré, Sérebou, Bondoukou, Korhogo, Odienné, etc.).
Au niveau forestier, le rapport souligne les efforts continus de restauration des écosystèmes, soutenus par des initiatives nationales telles que la SPREF, le Programme national de reboisement, l’Initiative Cacao-Forêts et le Programme de réduction des émissions. Ce volet a permis de progresser de 9 % vers l’objectif de 20 % de couverture forestière d’ici 2030.
Autre point majeur : le BTR1 dresse pour la première fois une cartographie détaillée des besoins en financement climatique, estimés à plus de 2 000 milliards FCFA. Une partie de ces investissements a déjà été sécurisée à travers des projets structurants tels que le Programme d’Investissement Forestier 2 (PIF 2), le Programme Résilience Économique (PRE) et le complexe hydroélectrique de Gribo-Popoli.
La présentation du rapport a été chaleureusement accueillie par les délégations internationales, qui ont salué sa rigueur, sa clarté et la cohérence entre les engagements et les réalisations. Cette reconnaissance ouvre la voie à de nouvelles opportunités pour le pays.
« Plusieurs partenaires ont exprimé leur volonté de renforcer leur accompagnement dans la mise en œuvre des programmes d’atténuation et d’adaptation du pays », a indiqué Kumassi Philippe, à l’issue de sa présentation.
En démontrant son sérieux et son engagement, la Côte d’Ivoire consolide ainsi sa place parmi les nations africaines les plus actives dans la lutte contre le changement climatique et se positionne comme un modèle de transparence et d’action climatique sur la scène internationale.
Mael Espoir