Le dernier Rapport sur l’inclusion économique 2024, publié par la Banque mondiale à travers le Partenariat pour l’inclusion économique (PIE), met en lumière une tendance majeure : l’intégration croissante de la résilience climatique dans les politiques de lutte contre la pauvreté. Alors que plus de 700 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté à travers le monde, les chocs liés au climat viennent aggraver la vulnérabilité économique des populations les plus fragiles.
Selon le rapport, 66 % des programmes d’inclusion économique recensés dans 88 pays comportent désormais des composantes spécifiquement conçues pour renforcer la résilience des populations face aux aléas climatiques. Cette nouvelle génération de programmes — qualifiée d’inclusion économique résiliente au climat (CREI) — touche déjà plus de 58 millions de personnes, dont une majorité en Afrique subsaharienne.
Des actions concrètes sont déjà en œuvre pour répondre à ce double enjeu social et environnemental. Parmi elles, l’introduction de l’assurance contre les risques climatiques, les paiements pour services environnementaux ou encore la promotion de technologies vertes à faible coût telles que les pratiques agroécologiques ou les énergies renouvelables. Ces programmes ne se contentent plus de fournir des aides économiques ponctuelles. Ils préparent activement les populations à résister et à s’adapter aux chocs futurs, indique le rapport.
L’Afrique subsaharienne concentre à elle seule 65 % de ces programmes climato-résilients, signe que la région est en première ligne face aux effets du changement climatique. Dans plusieurs pays, ces initiatives s’articulent autour de filets sociaux adaptatifs, d’emplois verts ou encore de projets de restauration des écosystèmes.
Les auteurs du rapport appellent à une meilleure coordination entre les programmes d’inclusion économique et les politiques agricoles, environnementales et climatiques. Car l’objectif n’est pas seulement de faire reculer la pauvreté, mais aussi de bâtir des communautés capables de résister aux futures crises, qu’elles soient économiques, sanitaires ou écologiques.
Enfin, le rapport alerte sur la nécessité de garantir un financement pérenne pour ces programmes. Malgré les avancées, beaucoup d’entre eux restent encore dépendants des bailleurs de fonds internationaux. La Banque mondiale appelle à un engagement renforcé des gouvernements et du secteur privé pour assurer des impacts durables à grande échelle.
Mael Espoir