Abidjan : le canal d’Anoumabo en état critique, un cri d’alarme lancé pour éviter des inondations majeures à Koumassi et Marcory

À quelques semaines de la saison des pluies, une alerte citoyenne met en lumière la dégradation avancée du canal d’Anoumabo, infrastructure clé du système de drainage des eaux pluviales entre les communes de Koumassi et Marcory, dans le sud d’Abidjan.

Selon un communiqué émanant de l’initiative citoyenne Agissons Ensemble, cette infrastructure autrefois stratégique pour l’évacuation des eaux sur près de 5 kilomètres serait aujourd’hui fortement dégradée, voire partiellement disparue à certains endroits. Le constat dressé sur le terrain est préoccupant. Le canal d’Anoumabo serait aujourd’hui obstrué par des remblais, des dépôts sauvages d’ordures et des constructions anarchiques. Une situation qui réduit considérablement sa capacité d’écoulement.

Conséquence directe : lors des fortes pluies, les eaux refoulent dans les quartiers environnants, provoquant des inondations récurrentes dans plusieurs zones de Koumassi, notamment les quartiers Divo, 05 et Sans Fil. Les habitants dénoncent également une dégradation accélérée des infrastructures routières, avec des portions de bitume régulièrement endommagées par la stagnation des eaux.

Alors que les premières précipitations sont attendues, les populations expriment leurs inquiétudes face à un risque accru d’inondations. Pour les signataires du communiqué, la situation pourrait rapidement dégénérer en crise urbaine si aucune action urgente n’est engagée. Face à cette situation jugée préoccupante, un appel est lancé aux autorités nationales et locales. Il s’adresse notamment au Président de la République, Alassane Ouattara, pour une intervention rapide en faveur des populations affectées.

Le communiqué interpelle également le Ministre-Gouverneur du District autonome d’Abidjan, Ibrahim Cissé Bacongo, ainsi que les autorités municipales, afin de procéder à la libération des emprises du canal et de mettre fin aux occupations illégales. Le ministère en charge de la Construction et de l’Assainissement est également sollicité pour relancer les opérations de curage et de réhabilitation, annoncées depuis 2024 mais toujours attendues sur le terrain.

Pour les initiateurs de l’alerte, la réhabilitation du canal d’Anoumabo dépasse la simple question d’aménagement urbain. Elle est présentée comme une urgence de sécurité publique et de protection des investissements publics. « Le canal est vital. S’il ne fonctionne pas, le bitume se dégrade et nos maisons sont sous les eaux », souligne le communiqué, appelant à la mise en œuvre effective des budgets déjà prévus pour la réhabilitation de l’ouvrage.

À Abidjan, où les épisodes d’inondations sont récurrents en saison pluvieuse, la situation du canal d’Anoumabo relance le débat sur la gestion des infrastructures d’assainissement et le respect des emprises publiques. En attendant des mesures concrètes, l’inquiétude grandit chez les populations riveraines, qui redoutent une nouvelle saison des pluies particulièrement difficile dans les communes de Koumassi et Marcory.

GZ

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