Côte d’Ivoire : les communautés locales s’approprient la cogestion du Corridor écologique de Taï

Une étape importante vient d’être franchie dans la gouvernance environnementale en Côte d’Ivoire. Du 14 au 18 juillet, l’Unité d’exécution du projet (UEP) du Corridor écologique de Taï a organisé une série d’ateliers destinés à renforcer les capacités des acteurs locaux sur le modèle de gestion participative adopté pour cette Réserve Naturelle Volontaire (RNV).

Ces sessions de formation ont permis aux membres du Comité technique du Corridor (CTC), du Comité de gestion du Corridor (CGC) et des trois Associations villageoises de gestion du Corridor (AVGC) de s’approprier les principes et outils d’une cogestion inclusive. Le modèle retenu, validé après une analyse comparative des options, implique une collaboration étroite entre les communautés riveraines et l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR).

« Nous comptons profiter de la solide expérience de l’OIPR en matière de protection de la biodiversité pour développer, de manière participative, des méthodes de gestion durables et efficaces », a expliqué Mama Ouattara, chargé du suivi écologique au sein du CGC.

Une cogestion porteuse d’enjeux et d’espoir

Si l’adhésion au principe de cogestion semble acquise, les défis restent nombreux. Les séquelles des déguerpissements violents opérés lors de l’extension du Parc national de Taï (PNT) continuent de nourrir un climat de méfiance. Conscient de cet héritage, le lieutenant Sindou Koné, chef secteur Taï de l’OIPR, a exprimé sa volonté d’instaurer un climat de confiance avec les communautés : « Il nous revient de briser les barrières de méfiance pour créer une synergie propice à la préservation durable de cet espace vital. »

Au-delà des enjeux de conservation, le modèle de gestion participative ambitionne de générer des retombées concrètes pour les populations : emplois verts, écotourisme, captation de financements, et meilleure visibilité du corridor grâce au soutien du Centre suisse de recherches scientifiques (CSRS), du Fonds pour la préservation de la biodiversité en Côte d’Ivoire (FPRCI), des collectivités locales et du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique (MINEDDTE).

Un corridor stratégique pour la biodiversité sous-régionale

Situé entre la Côte d’Ivoire et le Liberia, le Corridor écologique de Taï joue un rôle crucial dans la connectivité écologique sous-régionale. En reliant le Parc national de Taï au complexe forestier transfrontalier Grebo-Krahn-Sapo au Liberia, il favorise la mixité génétique entre les espèces animales et végétales, un impératif pour la résilience des écosystèmes face au changement climatique.

Ce projet de cogestion s’inscrit donc dans une vision de long terme, alliant conservation, inclusion communautaire et coopération transfrontalière pour une gouvernance durable des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest.

Mael Espoir

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