La Banque mondiale salue les résultats concrets du Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V) dans le Sud-Est de la Côte d’Ivoire. Principal bailleur de ce programme, l’institution financière internationale, à travers son responsable des opérations pour la Côte d’Ivoire, le Togo et la Guinée, Tony Verheijen, a effectué mardi dernier une visite de terrain pour apprécier les réalisations menées grâce au Fonds à Coûts Partagés (FCP). Ce mécanisme vise à soutenir les acteurs agricoles dans leur professionnalisation et la valorisation des productions vivrières.
Trois localités ont marqué cette tournée. À Alepé, la délégation a visité l’entreprise Nourivoire, spécialisée dans la production d’attiéké sous la marque « Attiéké Choco ». Dirigée par Kre Maxime, bénéficiaire du guichet B de la première cohorte du FCP, l’unité transforme aujourd’hui 250 tonnes d’attiéké destinées au marché local et à l’export. Les équipements modernes acquis grâce au projet ont été salués par la Banque mondiale pour leur bonne utilisation et l’efficacité de la production.

La mission s’est ensuite rendue à Aboisso, sur le site de Poly Élevage, propriété d’Augustin Millan. Cette entreprise se spécialise dans la production d’alevins et d’aliments pour poissons à base de mouches soldats noires. L’exploitation compte désormais dix bacs hors sol, quinze étangs – dont dix réhabilités et cinq construits récemment – ainsi qu’une retenue d’eau. Avec l’appui du PDC2V, l’entrepreneur ambitionne de produire 1,5 million d’alevins d’ici fin 2025, tout en développant des formations pour renforcer les compétences locales.

Dernière étape : Yaou, où la délégation a visité Group Eroveem-FY, dirigé par Ezinlin Epse Yavo Bayo Euphrasie. Depuis 2020, cette unité transforme du manioc en attiéké et en placali. Entre août 2024 et juillet 2025, l’entreprise a traité 545,9 tonnes de manioc, soit 396,2 tonnes d’attiéké et 149,6 tonnes de placali. Grâce au soutien du FCP, elle s’est dotée d’un groupe électrogène, de trois essoreurs, de deux broyeurs, d’un séchoir et a renforcé son approvisionnement. L’entreprise emploie environ 80 personnes, dont 90 % de femmes, et écoule sa production sur les marchés nationaux et internationaux. La délégation a encouragé la structure à viser la certification ISO afin de renforcer sa compétitivité.
Au terme de cette mission, Tony Verheijen a exprimé sa satisfaction quant à l’impact positif et concret du PDC2V. Il a adressé ses félicitations à Mahamane Ouattara, représentant du coordonnateur du projet, avant d’annoncer la poursuite de la tournée à Abengourou, où d’autres bénéficiaires du FCP et le Centre de Développement du Vivier, situé au sein de l’École Régionale de l’Agriculture de l’Est (ERA-Est), seront visités.
Gael ZOZORO