Assinie – Pollution de la lagune Aby : le Ministre Assahoré appelle à une action collective contre l’orpaillage clandestin

Alerté par la multiplication de signaux inquiétants autour de la pollution de la lagune Aby, dans le département d’Adiaké, le Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Écologique, M. Assahoré Konan Jacques, s’est rendu sur le terrain ce mercredi 19 novembre 2025. Accompagné des autorités locales, il a tenu à constater de visu l’ampleur de la dégradation environnementale qui touche aujourd’hui l’un des joyaux écotouristiques de la Côte d’Ivoire.

Depuis plusieurs semaines, les riverains, acteurs économiques et professionnels du tourisme tirent la sonnette d’alarme. Les eaux de la lagune Aby, habituellement claires, présentent désormais une couleur ocre et une forte turbidité. Selon les premières observations, la pollution résulte à la fois des fortes pluies saisonnières, mais surtout de la recrudescence de l’orpaillage clandestin dans les zones situées en amont, notamment entre Aboisso et la frontière ghanéenne.

Pour les habitants, les effets sont visibles et dévastateurs. Poissons, crevettes et crustacés se font rares, mettant en péril les moyens de subsistance des pêcheurs. L’érosion progresse, les berges s’abîment, tandis que l’activité touristique, pilier économique d’Assinie, se trouve fortement menacée.

« La lagune est trouble, les ressources disparaissent et les populations sont directement exposées à des eaux potentiellement contaminées par les produits utilisés pour extraire l’or », a déclaré Pierrick Artault, porte-parole des professionnels de l’hôtellerie, à l’origine du signalement. Il appelle l’État à intervenir rapidement : « Assinie est l’une des vitrines de la Côte d’Ivoire. Nous ne cherchons pas à accuser, mais à alerter. Des milliers de personnes vivent de cet écosystème : hôteliers, artisans, pêcheurs, commerçants, familles… »

Face à ces inquiétudes, le Ministre Assahoré a assuré les populations que leurs préoccupations seraient portées au plus haut niveau. Il a également appelé à une mobilisation générale, insistant sur le fait que l’État ne peut lutter seul contre l’orpaillage clandestin : « Ce fléau prospère avec des complicités locales. La protection de nos cours d’eau doit être une responsabilité collective. Il en va de notre santé, de notre économie, de notre tourisme et de l’avenir de nos enfants. »

Le Ministre a aussi rappelé que si une partie du problème trouve son origine au Ghana voisin, l’activité illégale s’est également installée sur le territoire ivoirien, notamment le long du fleuve Tanoé, dont les eaux se déversent ensuite dans la lagune Aby. Il a plaidé pour une action conjointe et durable des deux pays.

Pour mémoire, un mémorandum d’accord avait été signé en 2017 entre la Côte d’Ivoire et le Ghana pour encadrer l’exploitation aurifère et protéger les cours d’eau transfrontaliers. Resté lettre morte depuis, ce document fera l’objet d’une réactivation prochaine, avec l’objectif de mettre en œuvre des mesures concrètes et mesurables.

La mobilisation autour de la lagune Aby revêt un enjeu crucial. Au-delà de son importance écologique, elle constitue une ressource alimentaire, économique et touristique majeure pour toute la région. La réponse des autorités et l’implication des communautés détermineront la capacité de la Côte d’Ivoire à préserver durablement cet espace naturel aujourd’hui en danger

Mael Espoir

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