L’arrestation de Zigui Ibrahim, cyber-activiste proche du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dans la nuit du 1er au 2 septembre 2025, continue d’alimenter les débats. Alors que l’opposition dénonce un acharnement contre ses militants, une polémique éclate désormais autour du journaliste pro-RHDP, Yacouba Doumbia, premier à avoir annoncé la nouvelle.
Dans un message virulent publié sur les réseaux sociaux, Steve Beko, chargé du marketing politique au PPA-CI et mentor assumé de Zigui Ibrahim, a directement interpellé le journaliste. Il lui reproche d’avoir diffusé des informations sur l’arrestation alors que ni la famille, ni les avocats, ni même le procureur de la République n’avaient encore communiqué.
« Depuis hier nuit, lorsque tu nous as annoncé l’interpellation de Zigui, plus personne n’a pu le voir, ni même entendre le moindre signe de lui », a lancé Steve Beko. « Sa mère, éplorée, erre de commissariat en commissariat dans l’espoir de savoir où son fils est retenu. Mais partout, c’est le même silence. C’est toi qui sembles détenir des vérités que même la justice se refuse à livrer. Alors dis-le ! Dis à cette mère où elle peut retrouver son fils. Dis aux avocats où ils peuvent parler à leur client. »
Un message empreint d’émotion et d’accusations qui place Yacouba Doumbia au cœur de la tourmente. Pour Beko, au-delà des rivalités politiques, il s’agit d’une question de dignité humaine et de droits fondamentaux : « Aucun droit n’est plus sacré que celui d’une mère de savoir où se trouve son enfant et d’un avocat de pouvoir parler à son client. »
La riposte de Yacouba Doumbia n’a pas tardé. Dans une déclaration tranchante, il a rejeté les accusations en renvoyant la responsabilité sur Steve Beko lui-même, qu’il accuse d’avoir laissé son « disciple » s’enfoncer dans des excès verbaux et politiques. Mais pour l’opinion publique, le bras de fer entre les deux hommes traduit avant tout la tension qui entoure cette arrestation et relance le débat sur les libertés individuelles en Côte d’Ivoire.
Entre l’appel à l’humanité lancé par Steve Beko et la défense de la rigueur légale mise en avant par Yacouba Doumbia, l’affaire Zigui Ibrahim dépasse désormais le seul cadre judiciaire : elle expose au grand jour la fracture politique et morale qui traverse le pays à l’approche de l’élection présidentielle de 2025.
Mael Espoir