Dans la nuit du 1er au 2 septembre 2025, Ibrahim Zigui, militant du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) et cyber-activiste engagé, a été interpellé par la police ivoirienne. Cette arrestation fait suite à la diffusion d’une vidéo dans laquelle il appelait ses compatriotes à se mobiliser lors de la validation officielle des candidatures à l’élection présidentielle prévue en octobre 2025. Dans son message, Zigui Ibrahim comparait cette journée à une « finale » nationale, incitant la population à sortir massivement, vêtue aux couleurs du pays, pour occuper l’espace public.
Les autorités ivoiriennes ont justifié cette interpellation par le risque potentiel de troubles à l’ordre public dans un contexte électoral tendu. Selon des sources proches de la police, Zigui Ibrahim est accusé d’« incitation à la révolte » et d’« atteinte au crédit des institutions de la République ».
Cette arrestation a provoqué une onde de choc au sein de l’opposition et des défenseurs des libertés publiques. Des voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une tentative de museler la liberté d’expression et de réprimer toute forme de contestation politique. Certains estiment que cette action s’inscrit dans une série de mesures visant à restreindre les libertés individuelles à l’approche de l’élection présidentielle.
À l’inverse, des partisans du gouvernement soutiennent que de telles mesures sont nécessaires pour maintenir l’ordre et prévenir toute forme de violence ou de déstabilisation du processus électoral.
L’affaire soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre liberté d’expression et maintien de l’ordre public en période électorale. Elle met également en lumière la surveillance accrue des discours en ligne et la manière dont les autorités interprètent les appels à la mobilisation dans un contexte politique sensible.
Alors que l’élection présidentielle approche, cette arrestation pourrait avoir des répercussions sur le climat politique en Côte d’Ivoire, déjà marqué par des tensions et des divergences profondes entre les différents camps politiques.
Mael Espoir