La cybercriminalité continue de gagner du terrain en Côte d’Ivoire. En 2024, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a enregistré 12 100 dossiers liés à l’incivisme sur Internet, causant un préjudice financier estimé à 6,9 milliards de FCFA.
L’annonce a été faite par le lieutenant-colonel Aly Samassi, directeur du Pôle Technologie et Opérations de l’ANSSI, ce mardi 15 juillet 2025, à l’occasion de la tribune hebdomadaire « Tout Savoir Sur » (TSS), initiée par le Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG).
Selon les données communiquées, le nombre d’affaires connaît une croissance continue : 8 132 dossiers en 2023 contre 6 579 en 2022. Pourtant, le montant global des préjudices a diminué, passant de plus de 9,2 milliards FCFA en 2023 à 6,9 milliards en 2024.
Les hommes représentent 60 % des victimes recensées, mais ne cumulent que 21 % du préjudice financier. Les femmes, quant à elles, constituent 36 % des victimes pour 31 % des pertes. Les entreprises, bien qu’impliquées dans seulement 4 % des affaires, concentrent près de 48 % des pertes financières.
Concernant les auteurs de ces actes, la majorité est âgée de 14 à 40 ans, avec une prédominance masculine : 70 % d’hommes contre 30 % de femmes.
Suite à toutes ces informations, le lieutenant-colonel Samassi a rappelé que la législation ivoirienne prévoit des sanctions sévères contre les cybercriminels. Les atteintes à la dignité humaine sont punies de 6 mois à 5 ans de prison, assorties d’amendes de 1 à 6 millions FCFA. Les atteintes à l’honneur ou à l’image peuvent entraîner des peines allant jusqu’à 5 ans de prison et des amendes pouvant atteindre 10 millions FCFA, conformément à la loi n°2013-451 sur la lutte contre la cybercriminalité.
Enfin, l’augmentation du nombre de cas est attribuée à une meilleure adoption des outils numériques par la population, entraînant une exposition accrue aux risques liés à l’usage d’Internet.
Christelle Ligué